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Un prix littéraire au Salon, c’est une première ! L’association TerrEthique et le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche ont initié un prix de l’Enseignement Agricole pour récompenser le meilleur ouvrage sur l’agriculture et l’alimentation.

Le jury était constitué des élèves de cinq lycées agricoles, avec quatre auteurs en lice. Ils ont travaillé sur les différents livres avec leurs professeurs de français pendant plusieurs semaines. C’est « L’avenir de l’eau », d’Eric Orsenna, qui a remporté leurs suffrages. Rendez-vous sur le stand.

Gauthier et Blandine, tous deux en première « Sciences et techniques de l’agriculture et du vivant » au lycée St Nicolas à Igny dans l’Essonne, vont remettre le prix au lauréat. Un peu intimidés, quand même. On ne s’adresse pas à un académicien tous les jours, même si celui-ci se montre d’une grande simplicité ! Ajoutons qu’Edgard Pisani, ancien ministre de l’agriculture du Général de Gaulle et personnalité du monde agricole, était présent à cette manifestation...de quoi en effet en impressionner plus d’un...

« Ca a été une expérience exceptionnelle, avoue Gauthier. Nous avons beaucoup appris, cela nous a donnée des éléments pour réfléchir. Merci à tous les auteurs ! » Blandine renchérit : « Oui, c’était réellement enrichissant, et basé sur le volontariat, ce n’était pas un exercice imposé. Nos professeurs de français ont su nous motiver. Nous avons débattu, fait des fiches de lecture, il y a eu aussi une rencontre avec l’ensemble des classes concernées. Tout cela a été très vivant autour des livres ! »

Les lycéens ont été sensibles au style, au récit, au côté « carnets de voyage », livre de bord, aux rencontres, aux témoignages, à la façon de montrer de l’auteur, sans vouloir démontrer à tout prix, d’expliquer sans faire un cours. Une écriture superbe, un art du récit, une dimension profondément humaine auxquels les élèves ont été sensibles, et ne se sont pas laissé décourager par les quelque 411 pages de l’opus, qui se lisent d’un trait. Le lauréat, visiblement heureux du choix des lycéens, a pris la parole avec humour : "Vous me rajeunissez, car il y a exactement 21 ans et 6 mois, je recevais le tout premier Goncourt des lycéens pour ma saga du caoutchouc, « l’exposition coloniale » ! Comme quoi la botanique me porte chance ! Et vous me rajeunissez aussi car il y a bien longtemps, j’ai eu en tant que jeune éditeur à m’occuper d’un auteur reconnu qui s’appelait...Edgard Pisani ! Je lui dois certainement mon intérêt pour la nature, et la justice ».

« Je suis un passeur, a-t-il poursuivi, j’aime apprendre et transmettre, au fond je suis un reporter, et un professeur. Toute l’année, je vais rencontrer des classes, des primaires aux classes préparatoires, pour échanger avec eux. Je vais vous dire une dernière chose : ne croyez jamis que la curiosité est un vilain défaut ; c’est une phrase idiote. Curiosité vient du latin cura, le soin. Etre curieux, c’est prendre soin du monde. Continuez à l’être ; et vous, vous êtes dans le vrai ! »

Erik ORSENNA « L’avenir de l’eau » Editions Fayard, 411 pages, 20,90 euros

« Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d’eau ? Assez d’eau pour boire ? Assez d’eau pour faire pousser les plantes ? Assez d’eau pour éviter qu’à toutes les raisons de faire la guerre s’ajoute celle du manque d’eau ? Dans l’espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l’Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l’Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J’ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la limite des glaciers. J’ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. J’ai écouté d’innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein cœur du désert ? Peu à peu, j’ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J’ai vu s’aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j’ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J’ai vu des illusions et des férocités à l’œuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n’avoir pas accès à l’eau. Un sur deux vit sans système d’évacuation. Pourquoi ? »

Erik Orsenna

Les autres livres « concurrents » étaient :
Sylvie BRUNEL « Nourrir le monde », Editions Larousse
Philippe CHALMIN « Le monde a faim », Editions Bourin
Jean-François GLEIZES « La fin des paysans n’est pas pour demain », Editions de l’Aube

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